Du plomb dans mon mac
Bercé par le bruit des machines, je suis né entre les rames de papier et les cases de caractères. J’ai passé des journées entières à mener mon navire imaginaire, debout derrière le massicot. Fasciné par l’odeur de l’encre, je ne me lassais pas de regarder le rouleau se faire enduire. Au sujet de l’encre, mieux vaut se méfier, l’encre d’imprimerie est tenace, j’en ai fait les frais. Après une bataille d’encre improvisée à l’âge de 5 ans, il a fallu une semaine de récurage intensif à l’éponge (côté vert) pour ne plus ressembler à un schtroumpf dans la cour de récréation. Dès que j’ai su lire comme tout le monde à l’endroit, on m’a appris à lire à l’envers, comme tout bon disciple de Gutenberg qui se respecte ! Puis, est arrivé l’apprentissage, le vrai. Avoir un père imprimeur, ou comment apprendre à composer à l’âge de 8 ans.
Et puis la PAO est arrivée, s’est démocratisée et a investi MON imprimerie. Je revois encore la stupéfaction de mon grand-père (imprimeur depuis 1950) lorsqu’il vit la première épreuve sortir de l’imprimante. La machine était lancée : gain de temps, meilleure qualité, réactivité, le plomb aurait pu tirer sa révérence. Et pourtant, en 2009, j’entends encore le bruit des machines. Aujourd’hui, elles ne sont lancées que pour les grandes occasions, contrairement au Mac constamment allumé, Quark près à fonctionner pour satisfaire les clients.
Nostalgiques ou conservateurs, les cases de caractères sont toujours sous le marbre, minutieusement rangées par types de polices.
Plongé dans l’univers de la lettre et de l’écrit, quoi de plus normal que de finir fanatique du papier imprimé…
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- Publié:
- novembre 9, 2009 / 8:04
- Catégorie:
- c'est là, Les basiques
- Tags :
- encre, imprimerie, mac, PAO, plomb
pirate,
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